Apprendre à apprendre
Par sa lettre du 17 novembre 1883, Jules Ferry, Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, défend une position très moderne de l’enseignement auprès des instituteurs et institutrices, celle « d’apprendre à apprendre » aux jeunes citoyens de
Mais si je disais moderne, c’est qu’aujourd’hui, cette modernité ne se retrouve pas, excusez-moi du peu, à tous les niveaux de l’enseignement. S’il n’est pas question, ici, de faire le procès de l’éducation nationale, d’autant qu’on connaît le lot des revendications des professionnels du secteur, il y a toutefois beaucoup à redire ! Et ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de moyens ou qu’il y aurait de trop ( ?) lourdes taches d’encadrement, que certaines manières de faire ne puissent resurgir comme du temps de Jules Ferry ! Eh ! Oui, il y a, semble-t-il, une certaine amnésie sur ce que devrait être la fonction de l’encadrant, qu’il soit instituteur/trice, professeur/e de collège, de lycée, ou universitaire. Car, que constate-t-on ? Une attente de résultats, évidemment positifs, des apprenants sans autre perspective que parfois, le classement de l’établissment au niveau régional, national ou international. Quant aux élèves (petits ou grands), ils doivent savoir, maîtriser, comprendre, parfois sans avoir intégré ce qui leur était demandé, selon un calendrier précis (le programme !) qui ne respecte pas leurs possibilités d’assimilation.
Compétences immédiates et performances sont les maîtres mots de cette éducation que je réprouve. Mais bon sang ? Tous ces jeunes citoyens/nes n’ont-ils pas le droit d’apprendre à apprendre sans être en permanence évalués, notés, subir des devoirs communs, des expertises nationales, et dès lors devoir accepter la catégorisation dans laquelle ils vont être classés, sans pouvoir s’en défaire. On le voit tous les jours, partout et même dans les établissements qui jurent, par tous les dieux ( ?), que leurs enseignants ne cherchent qu’à écouter, montrer, expliquer, ne pas juger et ne pas classifier. J’en doute de plus en plus !
Un exemple classique pour finir, car il m’exaspère au plus haut point, c’est celui de l’élève qui doit savoir dessiner, être compétent dans les domaines du sport et de la musique (c’est dommage, au passage, que la danse soit quasi-inexistante, la couture et la cuisine relégués aux oubliettes), alors qu’au fond, il ne sait pas et qu’il voudrait être bon ! Mais manque de chance, il n’y arrive pas de suite et dès que tombe le premier bulletin, ce sont avec des notes sous la moyenne et des commentaires stupides comme : « insuffisant », « doit faire ses preuves », « c’est une discipline comme une autre », etc. Oh ! La victime, ce n’est pas l’élève, mais le pauvre professeur qui n’a pas, je crois, bien compris son rôle : apprendre à apprendre et revenir à l’esprit de modernité de la lettre de Jules Ferry.
Au fait, elle est sur le site, alors retournez-y, c’est un bon exercice.



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