Le Printemps de Jules Ferry se poursuit avec…

Philippe Alexandre

 …Philippe Alexandre, professeur de civilisation germanique à l’Université de Nancy II.
Le 2ème Café Jules aura lieu le 23 avril à 20h30 au bar l’entracte, sur le thème : « Jules Ferry et la presse ».

Né à Nancy en 1953, Philippe Alexandre se consacre à des études d’allemand, puis il enseignera dans les villes vosgiennes : Saint-Dié-des-Vosges, Epinal et Remiremont.
En 1986, il est agrégé d’allemand et docteur ès-lettres.
Il a été responsable du département Information-Communication à l’IUT Nancy-Charlemagne puis du département d’Etudes germaniques de Nancy II.
Il est membre du laboratoire (EA 3944) : Centre d’Etudes Germaniques Interculturelles de Lorraine (CEGIL), dans les Universités de Nancy et de Metz.

Auteur de plusieurs thèses sur les idées politiques en Allemagne et relations franco-allemandes dans la presse, XIXe et XXe siècles et de l’Espace public.
Il s’intéresse aussi à la presse régionale, en particulier vosgienne ainsi que l’histoire culturelle du département des Vosges.
Il est membre de la Société d’Emulation du département des Vosges et de son conseil d’administration. Il est aussi membre de la Fédération des sociétés savantes des Vosges.
Il est membre de l’Association de la Presse du Grand Est.

Philippe Alexandre nous offre un petit avant-goût :

Jules Ferry et la presse : une question aux multiples facettes !

Jules Ferry a été lui-même journaliste, en particulier à l’époque où il était un des leaders de l’opposition républicaine à Napoléon III.

A l’époque où il fut ministre et président du conseil, ses réformes scolaires et sa politique étrangère divisèrent quasiment la presse française en deux camps : il y eut, d’un côté, les journaux « ferrystes », de l’autre, les « anti-ferrystes ». C’était dans les années 1880, dans le contexte des grandes querelles idéologiques de la Troisième République.

Le cas de Jules Ferry illustre une réalité de la vie publique : celle de la relation du politique et de l’opinion. Le ministre a été haï et malmené par la presse adversaire. Le « Tonkinois » ou le « Prussien » sont les slogans bien connus avec lesquels ses ennemis s’efforcèrent de discréditer sa politique, entre autres dans des caricatures qui sont restées gravées dans les mémoires. Puis, avec le temps, le ministre déchu en mars 1885 devait être perçu autrement puis réhabilité.

Sur le plan local, Jules Ferry put s’appuyer sur des journaux républicains, comme le Mémorial des Vosges, d’Epinal, la Gazette Vosgienne, de Saint-Dié, ou l’Industriel Vosgien de Remiremont. Les rédacteurs en chef du Mémorial, Edouard Sylvin et François Aylies, celui de la Gazette, Georges Freisz, lui ont apporté un soutien dévoué, comme le montre leur correspondance.

Jules Ferry était conscient du fait qu’il lui fallait, au niveau national, un journal à 5 centimes qui lui permettrait d’avoir une influence sur l’opinion populaire. Ce journal, il put enfin l’avoir, à un moment crucial de sa carrière politique : ce fut l’Estafette (1889-1893), mais il ne fut pas en mesure d’en faire l’instrument dont il avait besoin.

Enfin, en 1893, alors que de nouvelles perspectives nationales s’offraient à lui, Jules Ferry disparaissait prématurément. C’est une fois encore dans la presse que se jouait la question de l’héritage politique et intellectuel qu’il laissait. Dans les Vosges, des journaux comme l’Union Républicaine (1908-1921) ou l’Express de l’Est, à partir de 1921, ont contribué à construire la mémoire de l’homme Jules Ferry et de son œuvre politique.